Angèle Casanova
Là où l'humain se planque
Nouvelle
Illustration de couverture : Jacques Cauda

Il tourne en rond. A longueur de temps. Sa vie tourne en rond. Dans son appartement rectangulaire. Avec vue rectangulaire sur le ciel. Certes plein sud. Mais les soleils rectangulaires n’illuminent jamais tout l’espace. Ils s’arrêtent aux lisières de l’improbable. Là où l’humain se planque. Là où règne l’inquiétude. Les soleils rectangulaires s’en moquent, de l’inquiétude. Ils lui chatouillent la barbe, se marrent, et s’en vont dès le soir. Pour laisser l’ombre envahir tout l’espace. La poitrine. La gorge. Pour l’obliger à reculer au-delà du rectangle. Dans les coins. Dans ses 20 pourcents. Dans le noir.
8 euros + 1, 50 de frais de port
28 pages
10 x 20 cm
Papier texturé
en cours de réédition
Les premières lignes
Il habite dans un immeuble étudié pour l’ensoleillement maximal. Chaque balcon, orienté. En quinconce. Plein sud. Isolé. Des autres appartements. Des voisins. Du bruit. De tout. Sauf du soleil. Vie parallèles, étagées. De la rue, la façade accroche la lumière. On la devine, sa capacité d’ensoleillement. Au retrait sur rue. Aux drôles de balcons triangulaires. Tellement triangulaires qu’à part venir se pencher rêveusement à la balustrade, clope au bec, on ne peut rien y faire. Pas moyen d’y mettre une table. A la rigueur, l’étendoir à linge. Mais alors, plus possible de venir y rêver clope au bec. C’est l’un ou l’autre. Faut choisir. La clope ou le linge sec.
Format 10 x 20 cm
Broché en points métalliques
Papier texturé